
De quoi s’agit-il quand on parle de Vaudou ou de Vodun ?
La plupart des gens pensent instinctivement au Vaudou latino-américain
- le Vaudou haïtien : ce Vaudou vient de la Côte de esclaves, plus exactement de la zone fon du Bénin actuel. C’est un syncrétisme africano-chrétien, qui s’est bien éloigné du Vaudou original.
- le Vaudou du Nord-Brésil : avec le « condomblé » de Bahia : même type de syncrétisme mais avec des racines ancrées davantage au Sud-Ouest du Nigeria, le pays Yorouba (Ifè, Lagos)
- le Vaudou de Cuba : c’est le même qu’en Haïti. On peut se référer au N° de Janvier 2007 du « Monde des religions ».
Le tout est à étudier comme un ensemble de phénomènes syncrétistes, qui nécessite, pour être compris, que l’on revienne à la racine du « Danxomè » (Dahomey)
Ce dont nous allons parler est donc le monde Vodun dans ses formes premières de la Côte des Esclaves, qui va de l’Est du Ghana à l’Ouest du Nigeria en passant par le Togo et le Bénin. Il s’agit donc du Vodun de la zone Fon (ici la prononciation du mot est restée nasalisée sur la syllabe finale, d’où la différence d’écriture), dont le cœur est la région d’Abomey et la région lagunaire de Cotonou (sud Bénin actuel) où le Vodun est encore bien vivace dans ses pratiques et surtout dans sa mentalité profonde et se manifeste dans le quotidien, surtout lors des difficultés, même parfois chez ceux qui, sincèrement, ont adhéré aux christianisme.
Cette approche du Vodun vient d’une fréquentation pendant 33 ans (de 1961 à 1994) de ce monde auprès d’étudiants, puis dans un bidonville, puis dans le rural proche de la ville et le rural reculé. Elle vient bien sûr aussi d’une étude des classiques en anthropologie, ethnologie, d’études des religions, en compagnie de Dahoméens-Béninois, mais aussi de la réflexion avec les gens ordinaires grâce à la connaissance de la langue fon, de la réflexion sur la vie quotidienne avec des catéchistes, des religieuses et des prêtres locaux.
1) Je laisserai toute approche simpliste, ce genre de description qui classe les gens et les choses selon des thèmes préétablis et qui de plus utilise uniquement un vocabulaire occidental totalement inadéquat. Prenons deux exemples :
- 'l'animisme' : mot vague et donc inexact à qui l'on fait dire tout ce que l'on veut.
- les 'idoles' : qualification faussée dès le départ qui empêche de comprendre le visible comme étant ce qui permet de 'rejoindre l'invisible'.
2) Je ne partirai pas non plus de ce que beaucoup, considérant le Vodun comme une "religion", suivraient le plan classique : Dieu, les esprits, les rites etc… car ce serait partir d'un système théorique et déjà élaboré par des intellectuels, alors qu'il faut partir de la vie même des gens qui ne savent pas toujours exprimer le pourquoi de leurs attitudes mais qui les vivent dans un contexte concret particulier bien vivant avec une vision de monde très prégnante.
3) Je partirai donc plutôt de cette vision du monde
- qui est partagée par toute une population, souvent inconsciemment et sans capacité "d'expliquer", encore moins de systématiser.
- une vision que j'ai découverte petit à petit en vivant avec les gens, leurs situations de vie, concrètes, difficiles et belles, et en réfléchissant avec eux sur leurs réactions, leurs actes, leurs perceptions des choses. C'est seulement après cela, compte tenu de ce contexte vécu, que j'essaierai de décrire les attitudes religieuses principales et que je mentionnerai les coutumes et les rites religieux essentiels. Notre parcours comportera quatre étapes : Vision du monde – Souci vital – La dimension religieuse des Voduns – La pratique vécue (les rites religieux).
Pour bien comprendre et décrire cette vision du monde, mettons en relief deux mots clefs qui caractérisent la conception de la vie : gbe (la vie) – se (l'esprit, le principe vital)
c'est l'esprit premier, la réalité fondamentale qui s'exprime dans le vocabulaire et les proverbes.
1/ le vocabulaire :
De ce « gbe » viennent : « gbeto » : l'homme (« celui qui a la vie ») – « gbeme » : l'univers « le lieu de la vie » – « dugbe » : être heureux, « manger la vie » (« gbedudu » le bonheur, « le fait de manger la vie »). C'est aussi la vie au sens de destin, « gbenu » (« la chose de la vie »), qui commande tout le reste : « Gbenu we gbo wè » : c'est le sort qui a tranché pour toi. Ce « gbe » a ses exigences : « gbesu » : les interdits de la vie.
2/ les proverbes
Face aux aléas de la vie, une confiance fondamentale est nécessaire : « kanlin e ma do se a o/ gbe we nonyà sàkpo ni » « si un animal n’a pas de queue, la vie lui chassera les mouches ». Mais la vie n'est pas toujours rose : « gbeo, eno mo gbe bo gbe a. »
Confiance et patience…. « La patience est la seule solution ». « Profite de tout ce qui est positif. » Exemple : le proverbe suivant : première partie : « le petit oiseau se promène en hamac » ; réponse : « quand on trouve la vie, on ne la refuse pas » (un proverbe est souvent composé de deux parties, la première exigeant une réponse qui lui donne sens : l’oiseau aurait bien tord de prétendre qu’il sait voler alors qu’il peut vivre bien tranquille dans le hamac).
Est-ce conviction qu'il y a une providence ? Oui : « Maou nablo ». Mais en même temps il y a un réel fatalisme fondé sur la seconde réalité fondamentale : le « Se ».
Traduire "Se" par âme est insuffisant, car il y plusieurs types d'âme. "Se" est une notion très importante. Ainsi un élève de 5ème posant la question : « pourquoi on dit que j’ai fait un péché, alors que mon "sè" me commande tout ce que j’ai à faire ? Il s'agit de distinguer :
1/ "Se-gbo" : le grand principe vital; c'est le Dieu 'source' de vie
- il est source de toute vie(et unique)
- à la naissance il donne à chacun un "se" qui est le principe personnel de vie, qui peut d’ailleurs être celui du grand-père ou de la grand-mère (cf. « seli » : chemin de l'homme, le bas-ventre de la femme), sans être une réincarnation, car l’aïeul reste bien chez les ancêtres.
- mais, à notre mort, "Se-gbo" le reprend – "sehwa". Il conduit le défunt chez les ancêtres, non pas chez Dieu.
2/ Surtout ce "se" est perçu comme un cadeau, mon 'destin' fixé d'avance. « Si le "Se" a voulu que tu portes le bracelet, la main doit y passer ». Je ne peux rien contre ce destin qui m'est donné : "Se jlo gan o / alo nado" = tu n'y peux rien c'est ton destin.
Cela peut être positif : "Se we na" : c'est un cadeau de mon destin, mais aussi négatif : "Se cé da" : mon destin est à recevoir (quand un malheur arrive).
Comme on est dans la dépendance constante, on va chercher à connaître ce destin par l'initiation en trois étapes (enfant, adolescent, adulte). C’est le rôle du "Fa" (cf.ci-dessous), le vodun de la divination.
Mais de connaître le destin ne change rien pratiquement aux faits et événements même si cela donne des sécurités. Cela installe dans un certain fatalisme (« si j'ai péché…c'est la faute de Dieu ») : on 'supporte' mais d’une façon passive.
Ainsi ce « Se » et la « gbe » sont les deux termes clefs pour comprendre l'existence dans ce monde vodun.
On pourrait y ajouter deux autres clefs (mais qui ont moins de force)
1/ “xo” la parole… toute parole éclaire et surtout réalise ; elle est efficace d’où la gravité de l'insulte ou d'un mot prononcé même sans vouloir du mal.
2/ « hun” : le sang … qui veut aussi dit le Vodun, l'esprit divin, lié à la notion de secret, mais de secret vital.
. "Hun no do me xo me / co e no tun àtan wèwè" (on ne dit pas ce qu'on pense, on ne dit pas son nom 'secret, le "Hun-xo")
. Car tout vodun "hun" a une parole secrète "Hun-xo" donnée à l’initiation et qu'il ne faut pas révéler sous peine de mort.
Le sang a une grande place dans les rites d'initiation, de sacrifices ("da hun" : l'initiation pour la sortie des vodunsi).
Le grand désir de base est de vivre bien et longtemps. Cela exige des relations correctes pour vivre bien et des moyens de protection pour vivre longtemps.
Il s’agit d’avoir des relations correctes dans le triple réseau où l'homme est plongé :
- Chacun sait qu’il n’est qu’un petit morceau d’un ensemble et que ce que l’on voit est peu face à ce que l’on ne voit pas. C'est sans doute le sens du mot « vodun ». L’origine du mot est très discutée. L’origine plausible (selon les mots avec leur ton) est : « vo-don » : à part - là-bas.
- L’invisible ne consiste pas uniquement dans les diverses divinités (les vodun, les esprits) mais c’est l'ensemble des réalités qui existent et que nous ne voyons pas, qui nous dépassent (divinités, démiurges, grand Dieu ; mais aussi ancêtres et aussi tout ce monde des êtres et des actions invisibles qui nous hantent.
Ce sont toutes les 'forces naturelles' qui elles aussi nous dépassent. Dans ces forces « naturelles » certaines sont privilégiées :
dans la nature proprement dite : la mer, la terre, l’orage, le feu.
dans les plantes : le roko, le fromager, le baobab.
dans les animaux, notamment le serpent.
Ces relations sont si difficile à vivre !
- à la base est 'la grande famille' le « hennu » ; c’est la collectivité familiale avec son chef choisi, composée de plusieurs 'foyers' ("xwéta"), qui constitue un « hennu ».
- il y a aussi le regroupement de plusieurs « hennu » = « akota » : tribu, lignée /descendance, tous rattachés au même ancêtre (réel ou mythique).
- il y a également le village ou pays : « (to (me) ».
Entre tout cela, il y a un équilibre à tenir qui implique une solidarité et une obéissance rigoureuse aux lois sociales (avec un sens hiérarchique très marqué à respecter le « gan » : les relations adultes – enfants ; aînés – plus jeunes ; chefs – subordonnés).
Conséquence : pour vivre dans de bonnes relations, il faut se protéger (se 'blinder') car on a peur de tout ce qui fait obstacle à la vie (y compris les esprits et les 'autres' hommes) !
1/ La première et meilleure protection, c'est de respecter les lois et les personnes dans ces trois domaines. C’est un conditionnement de vie jadis très rigoureux que l'école et la vie moderne bouleversent terriblement, sans toujours permettre de retrouver un nouvel équilibre.
2/ Il y a la série des "Moyens" de protection
Je ne parlerai pas des guérisseurs et la pharmacopée, mais signalons simplement quelques moyens négatifs (protection) et positifs (attaque).
- les moyens négatifs : « glo”, amulette de défense, bracelets, cordes, herbes.
- les moyens positifs : “bo », l'amulette en général, mais surtout "d'attaque" pour lancer des maléfices, et des pratiques comme le « cakatu » (poison ou autre élément nuisible agissant à distance).
Ces « armes » de défense ou d’attaque, omniprésentes, créent une atmosphère de tension et de suspicion.
N-B : Il faudrait ajouter, mais c’est un autre sujet, la sorcellerie, phénomène très présent. Quelles que soient sa réalité et son extension, ceux qui y croient en ont une crainte psychique et physique entraînant des drames ! C’est un fait de société à prendre au sérieux.
A propos de Dieu et des esprits secondaires, une grave erreur de vocabulaire a faussé la juste compréhension : on a pris le nom de « Mawu” comme nom du Grand Dieu Créateur or Mawu est l'élément femelle du couple démiurge « Lissa-Mawu ».
C'est le “Segbo” qui est source de vie. « Lissa-Mawu » étant le couple démiurge organisant le monde « gbedoto ». Il n’y a pas de culte pour « Segbo ». Pourquoi ? Parce qu'il est trop grand ? ou trop éloigné ? ou les deux ? Le mythe du recul du ciel au début de monde parce qu’une femme a frappé le ciel avec son pilon décrit cet éloignement du “Segbo” qu’on ne peut ni voir ni joindre.
Le Grand Esprit a sous ses ordres des couples de démiurges et quantité d’autres esprits qui sont des forces. C’est auprès d’eux que l’on peut trouver secours. Ils sont très nombreux mais on va s’attacher à l’un d’entre eux soit par choix personnel ou familial ou villageois, soit par consécration lors d’une initiation. 'Ce sont les' Vodun (en yoruba Orisha), esprits avec lesquels on va pouvoir établir des relations vitales. On peut aussi devenir, toujours lors d’une initiation, « épouse » du Vodun (Vodunsi).
On classe souvent les Vodun par catégories, ce qui ne correspond à rien pour les gens du pays; il y a autant de classifications que d'auteurs !
De fait on peut distinguer parmi les Vodun :
Les forces de la nature : mer (Xu), terre (Sahpata), tonnerre (Xebioso), fer (Gu).
Les animaux : serpent "Dan" (= Ejo) et "Dangbé "(et "Aïdo-Hwédo" = Oshumaré). Le serpent est lié à tout ce qui est vie et mouvement : le cordon ombilical a le même nom.
Les plantes : loko, fromager (hun).
génie protecteur. On le craint parfois non parce que c’est un « diable » mais parce que ses punitions sont très sévères. Il est bon pour ses protégés, terrible pour ceux qui lui déplaisent. Le Legba est un principe mâle d’où sa représentation avec un grand phallus.
(=Ifa, fils d'Obatala personnage historique ayant fondé Ifè-Ifè) : Génie de la divinisation. Celle-ci est encore plus pratiquée que les cérémonies du « Legba ». C'est le porte-parole des dieux qui permet de connaître non seulement l'avenir et son déroulement, mais aussi la cause des malheurs (son surnom « Orunmila » = le ciel connaît le salut).
On le consulte avant toute décision importante, lors d'une problème (vol, mort, maladie) pour en trouver la cause ou le remède.
Le « Fa » a été introduit sous le roi Agaja au début du 18ème siècle. Il vient de Perse par l'Egypte. Le Fa remplace les vieux moyens de divination par l'eau. Il se passe chez le Bokonon (=Babalawo). Celui-ci utilise 18 noix à quatre yeux (avec ou sans chapelet de 8 demi-noyaux enfilés), il décrit les signes qui en ressortent après que les noix aient été lancées, il écrit ces signes sur le sable du Fatès (il y a trois formes : « te godo » = un rond ; « te sun » = la forme d’une demi-lune ; « te zo en eno » = quatre coins rectangle curviligne) 16 combinaisons possibles (256 possibilités de figures). Puis il interprète les figures !
L’initiation (= « Fazunyi ») au Fa se fait en trois étapes – La troisième, « Favi » avec son « kpoli » donne la plénitude de la responsabilité. C’est différent de l'initiation de 3 ans pour devenir “bokono ». Il faut bien distinguer le « bokono / bojleto » (le magicien), l’ « azeto » (le sorcier) et l’ « azongbeto » (le guérisseur).
Les ancêtres sont toujours présents et actifs surtout la nuit ; ainsi la nuit on ne balaie pas, on fait attention à ce que l’on dit, on change même les mots. Ils sont actifs en bien comme en mal selon que l’on fait ou non leurs cérémonies funèbres et qu'on les vénère ou non sur les « ascin », sortes de petit autel métallique rond au bout d'un fer planté en terre dans la salle familiale.
C’est donc un monde où le visible est saisi dans l'invisible et où toute vie humaine va être englobée de rites relationnels : chaque jour et en tous aspects. On va juste signaler les principaux rites.
On peut relever quatre grands types de rites. Je relève seulement ce qui est propre au Fa : les étapes de la vie personnelle – l’initiation des vodunsi – la liturgie (prière et sacrifices) – des cérémonies personnelles, familiales et sociales comme une purification de village.]
Il n’y a pas de passage officiel à l'âge adulte, contrairement aux peuples de savane. Mais on fait des cérémonies :
La femme enceinte : consultation du fa, corde et régime
Le “videton » : le père donne le nom + eau sur la case + aliments + souhaits
Cérémonie du “sunkunkun » (à la nouvelle lune) : ko sun nu vi » : il s’agit de crier … pour l’enfant (si on ne le fait pas, il sera crétin)
Enfermement de la femme qui vient d’accoucher pendant 7 ou 9 premiers jours avec cérémonie de sortie.
les deux bouteilles d’alcool fourni par le futur gendre : cette démarche donne au garçon le droit de rencontrer la fille
la petite dot = fiançailles avec consultation du Fa. Si la demande est acceptée, il reste à "faire ses preuves" en actes (travail) et en argent.
La grande dot = début de la célébration du mariage (indispensable ; au moins symboliquement), suivie des cérémonies, de l'accompagnement à la case, de la preuve de virginité.
N-B Il y a possibilité de polygamie
Mais la yawo, la première, a toujours la première place et est en quelque sorte la seule, la vraie.
Chaque épouse assure tous les 'services' une semaine.
- Le corps est lavé et revêtu (un chef sera mis sur un fauteuil)
- Enterrement dès la première nuit, et dans la case
- Les cérémonies funèbres auront lieu plus tard quand tout le monde sera là : veillée, nourriture avec chants.
1- L’initiation pour telle personne est décidée par la famille avec les responsables voduns(ou le fa) ; elle commence par un similacre de rapt.
2- Entrée : “so me da nu vodun” (la prise en charge par le Vodun)
3- Temps de retrait et d'apprentissage (langues, chants, danses, interdits…) avec imposition de cicatrices
4- Sortie mort-résurrection
5- Retour à la vie
6- Cérémonies et transes.
1- Calendrier : lunaire de 9 jours pour les cérémonies vodun et marchés tous les 4 jours
2- Les fêtes varient selon les voduns
3- Sacrifices (vosisa)
d'animaux (poulets – cabris) avec sang sur le possédé
libations (huile – alcool…)
4- Eléments (danses – transes)
d) – Cérémonies
1 personnelles : legba
2 familiales : Sur l’autel des ancêtres, l’ asen
3 sociales : en cas de manque de pluie, d’un drame dans le village, d’un besoin de purification.
Le Vodun c'est une vie ! Celle de chacun, mais dans une société donnée où l’on est intimement liée aux autres, à la nature et à l’invisible.
C'est une vision du monde où tout se tient. Il s’agit de voir le positif, mais aussi les échecs : les excès qui écrasent l’homme et créent le besoin de « réparation » ou de protection.
Actuellement il y a un grand risque de syncrétisme. C’est le problème d'une culture qui porte une vision profonde de la vie et qui demeure inconsciemment en concurrence avec une seconde vision, celle du monde moderne. Or elle réapparaît toujours comme nécessaire, celle à laquelle on recourt, lors d’événements importants. La destruction actuelle de cette vision risque d’être catastrophique surtout si rien d'autre ne restructure.